La ville de Strasbourg

Voici les monnaies de la Ville de Strasbourg que je possède :

 

- Denier embouti - Type à l'ange-aigle de profil

- Kreuzer au lys

- 2 Kreutzer

- Vierer

- Vierer (Type à la croix et au lys)

- Semissis

Elle est restaurée sous le nom de Strateburgum en 496 par les Francs qui favorisent le développement de la ville, après la conversion de Clovis au christianisme. En effet, Argentorate est l’une des rares villes de la région à être le siège d'un évêque, véritable gouverneur de l’époque. En cette période de paix, la ville se développe à nouveau. Dès le VIème siècle, sous l’impulsion de l’évêque Arbogast de Strasbourg, une première cathédrale et un couvent sont édifiés.

Sous l’ère mérovingienne, Strasbourg devient ville royale mais reste de taille très modeste. Au VIIIème siècle, la ville compte 1 500 habitants. Les activités sont essentiellement agricoles mais on exporte déjà du vin, du blé et du bois de chêne vers l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Angleterre et la Scandinavie. En 842, la ville accueille Charles le Chauve et Louis le Germanique qui s’allient contre leur frère Lothaire pour le partage de l’Empire légué par leur grand-père Charlemagne et prononcent les Serments de Strasbourg, le plus ancien texte rédigé en langue romane (ancêtre du français, entre autres) et en langue tudesque (ancêtre de l’allemand). En 843, le traité de Verdun attribue Strasbourg à Lothaire. Mais peu après sa mort, en 870, la ville revient à la Louis le Germanique. En 962, Otton le Grand fonde le Saint-Empire romain Germanique et Strasbourg va connaître une période d’expansion : au cours du XIIème siècle une nouvelle enceinte fortifiée et un hôpital voient le jour tandis que la construction de l'actuelle cathédrale débute. En seulement deux siècles, la ville passe de 3 000 à 10 000 habitants et devient l’une des plus grandes villes du Saint-Empire.

L'enceinte fortifiée est agrandie aux XIIème et XIIIème siècles et le système défensif des ponts couverts édifié. Les quatre tours actuelles faisaient partie des remparts (qui comptaient 80 tours) et étaient reliées par des ponts couverts d'une toiture en bois, disparue au XVIIIème siècle. Elles abritaient les corps de garde mais servaient aussi de prison. En 1201, Philippe de Souabe élève Strasbourg au rang de ville libre. Peu après, en 1220, naît le conseil municipal. Il est alors chargé de fonctions jusque-là attribuées au clergé, notamment l’administration et la justice. La bourgeoisie acquiert une autonomie remarquable vis-à-vis du pouvoir épiscopal. Mais en 1260, Walter de Geroldseck est élu évêque de Strasbourg et exige qu’on lui restitue les pleins pouvoirs. Très vite, une guerre éclate entre les Strasbourgeois et l’armée épiscopale. En 1262, le prélat est vaincu à la bataille de Hausbergen, par les troupes strasbourgeoises, bien aidées par Rodolphe Ier du Saint-Empire.

Strasbourg tombe alors entre les mains des plus grandes familles nobles de Strasbourg dont les rivalités incessantes, ainsi que leur mépris des bourgeois, finissent par agacer et en 1332 une guerre civile éclate. Le pouvoir revient alors à la classe marchande. Au milieu du XIVème siècle, la peste envahit toute l’Europe et atteint Strasbourg. Comme dans de nombreuses villes, les juifs sont accusés d’avoir empoisonné les puits. Le 14 février 1349 près de 2 000 juifs sont brûlés vifs.

Affranchie du pouvoir épiscopal, Strasbourg est reconnue ville libre (au sein de l'Empire) par Charles IV. En cette période de trouble politique, la cité va cependant accroître sa notoriété et de nombreux édifices y seront construits. Le commerce fluvial se développe sous l'égide de la corporation des bateliers, chargée de taxer les marchandises. À la fin du XIVème siècle, un nouvel agrandissement de la ville est entrepris. Toute la cité se transforme en un véritable chantier d'églises et de couvents, fondés par des moines ou des familles nobles. De cet ensemble demeurent le cloître de l'église Sainte-Madeleine et celui de Saint-Pierre-le-Jeune. En 1439, après quatre siècles de construction, la flèche de la cathédrale Notre-Dame est achevée. Elle est alors le monument le plus haut de la chrétienté et symbolise la puissance de la ville. Cinq ans plus tard, en 1444, Strasbourg compte 26 000 habitants - dont 10 000 réfugiés de la guerre de Cent Ans qui vivent extra muros - et peut lever, à tout moment, une armée de 4 500 hommes. Son enceinte fortifiée et son impressionnant dispositif d’artillerie en font une place fortifiée de tout premier plan. La ville est à son apogée.

S’ensuit au début du XVème siècle une période de conflits qui oppose les bourgeois strasbourgeois gouvernant la ville, à la noblesse alsacienne. Ville bancaire par excellence, Strasbourg est en effet une ville riche qui suscite la convoitise. La vie intellectuelle est marquée au XVème siècle par la révolution de l'imprimerie. Né à Mayence et installé à Strasbourg depuis 1434, Johannes Gensfleisch, dit Johannes Gutenberg conçoit l’imprimerie à caractères mobiles. On note cependant que Gutenberg est retourné à Mayence entre 1444 et 1448 ce qui fait qu’on ignore exactement où a été finalisée cette invention majeure. Toujours est-il que Strasbourg devient très vite un des grands centres de l'imprimerie, puisque dès la fin du XVème siècle la ville compte une dizaine d’ateliers d’imprimerie, notamment la prestigieuse officine des Grüninger. De fait, Strasbourg va attirer nombre d’intellectuels et d’artistes. Sculpteurs, architectes, orfèvres, peintres, horlogers, la ville excelle dans de nombreux domaines.

Le développement de l'imprimerie favorise le courant humaniste qui fait jour à Strasbourg et qui va préparer l'avènement de la réforme protestante. En effet, l’humanisme et la Réforme sont les faits marquants de l'époque et Strasbourg est une des premières villes qui appelle au changement. Dès 1519, les thèses de Martin Luther sont affichées aux portes de la cathédrale et les dirigeants de la ville, notamment Jacques Sturm, sont favorables à ce changement. La ville adopte la Réforme en 1525 et devient protestante en 1532 avec l’adhésion à la Confession d'Augsbourg. Strasbourg est alors l’un des principaux bastions de la Réforme protestante, ce qui va largement contribuer à son rayonnement.

La ville devient une terre d’accueil pour les huguenots, ces protestants chassés de France pour leur croyance. Parmi eux, notamment Jean Calvin qui s’installera plus tard à Genève. Cependant, devenue ville protestante, Strasbourg ne sera pas autorisée à créer sa propre université. La ville propose déjà de nombreux enseignements, notamment en médecine et en théologie depuis 1538 grâce au gymnase de Jean Sturm, mais ceux-ci ne donnent pas lieu à un grade universitaire reconnu.

Dans les années 1530, l’empereur Charles Quint, catholique, entre en guerre contre les princes protestants et leurs alliés et les vainc en 1547 à la bataille de Muehlberg. Strasbourg va alors conclure plusieurs alliances, notamment avec Zurich. Mais en 1592, après d’interminables délibérations, la cathédrale est partagée en deux avec l’élection de deux évêques : un catholique et un protestant. Commence alors la longue et ridicule guerre des évêques qui va plonger la ville dans d’importantes difficultés financières. Ce conflit qui durera jusqu’en 1604 se soldera par la victoire des catholiques et Charles de Lorraine deviendra le seul et unique évêque de la ville. En 1605, l'éditeur Johann Carolus commença à Strasbourg à produire la première gazette hebdomadaire du monde au nom de « Relation aller Fürnemmen und gedenckwürdigen Historien » (« Communication de toutes histoires importantes et mémorables »).

Dans toute l'Europe, la tension monte entre les protestants et les catholiques et en 1618, la guerre de Trente Ans éclate. Strasbourg, à l’abri dans ses fortifications modernisées par Daniel Specklin, n’intervient pas dans le conflit.

À l’issue de la guerre en 1648, par les traités de Westphalie, une partie de l’Alsace (les possessions des Habsbourg) est rattachée à la France, mais Strasbourg demeure ville libre impériale. Épargnée par la guerre, la ville est néanmoins isolée, financièrement affaiblie, et n’a rien à attendre de l’Empire germanique vaincu. Le 28 septembre 1681, la ville est assiégée par une armée de 30 000 hommes sous le commandement de Louis XIV et deux jours plus tard, après de rapides négociations, Strasbourg accepte la reddition.

Un accord est passé entre Louis XIV et Strasbourg visant à préserver les libertés essentielles de la cité, sur les plans politique, administratif et religieux. Par contre, elle est privée de son artillerie et de ses milices et doit accepter l'installation d'une troupe de garnison. De surcroît, un prêteur royal doit veiller à ce qu’aucune décision ne soit préjudiciable aux intérêts du roi.

Si la ville a changé de nationalité, elle reste une ville frontière et un point de passage important pour rejoindre l’empire germanique. De fait, Louis XV séjournera à Strasbourg durant la guerre de succession d'Autriche. La société aristocratique se développe et de nombreux hôtels particuliers voient le jour. Si l'allemand reste la langue courante, Strasbourg accueille de nombreux immigrants : entre 1681 et 1697, la ville passe de 22 000 à 26 500 habitants. Par ailleurs, Strasbourg abrite environ 6 000 soldats français, basés pour la plupart à la citadelle de Vauban dont les travaux ont débuté dès 1682.

Au niveau religieux, la ville prend un tournant important. En 1704, un prince de la famille Rohan devient évêque de la ville. La famille conservera le pouvoir épiscopal jusqu’en 1790 et fera construire le fameux palais des Rohan de Strasbourg, situé tout près de la cathédrale, sur les rives de l’Ill. Durant toute cette période, le catholicisme va se développer même si les protestants restent majoritaires. En 1716, peu après la mort de Louis XIV, des sociétés françaises de colonisation de l'Amérique décident de faire un vaste appel à l'émigration alsacienne, en particulier strasbourgeoise. Des publicités attirent en Louisiane des Alsaciens, qui fondent la ville de Des Allemands (Louisiane).

Assoupie depuis l’annexion de Strasbourg à la France, l'université de Strasbourg retrouve peu à peu son éclat d’antan et entre 1721 et 1755 la ville va accueillir plus de 4 000 étudiants. L’université est déjà internationale : les étudiants étrangers viennent généralement d'Allemagne, de Scandinavie ou des Pays-Bas, mais aussi de Grande-Bretagne et de Russie. Certains d’entre eux sont devenus célèbres, comme Goethe qui y fit des études de droit. Le rayonnement universitaire de Strasbourg est important et certains enseignements comme le droit et la médecine sont très réputés.

Denier embouti (Type à l'ange-aigle de profil)

Denier embouti (Type à l'aigle-ange de profil)

0,4 gr - 15 mm

 

 

Avers / Anépigraphe

Ange et aigne de profil

 

Revers / Anépigraphe

 

 

Commentaires sur mon exemplaire :

Belle monnaie bien conservée. Semble avoir été frappée par l'atelier monétaire impérial d’Offenbourg (Bade) au XIII S. pour le compte de la municipalité de Strasbourg.

 

Kreuzer au lys (2 deniers)

Kreuzer au lys

0,7 gr - 18 mm

 

 

Avers / Début de légende à 12 heures, cercle strié.

+ARGENTINA

Lys dans le champ

 

Revers / Début de légende à 12 heures, cercle strié.

Lys dans le champ

+DEO(étoile)GLORIA

 

Commentaires sur mon exemplaire :

Belle monnaie bien conservée. Il en existe beaucoup de variétés car ces monnaies ont été frappé de 1480 à 1667.

 

Les Deux Kreutzer de la Ville de Strasbourg

BD#EL.355 - II Kreutzer

0,9gr - 19 mm

 

 

Avers / Début de légende à 12 heures, cercle perlé.

(Fleuron)MONETA:ARGENTOR

 

Revers / Début de légende à 12 heures, cercle perlé.

Lys dans le champ

(Fleuron)GLORIA.IN.EXCELSIS.DEO

 

Je n'ai pas trouvé de type exactement concordant sur le net. Cette monnaie possède deux fleurons à 12h à l'avers et au revers et deux points de part et d 'autre de ER de KREUTZER. Si vous avez des informations à me communiquer pour identifier cette variante n'hésitez pas à me contacter grâce à la page : CONTACT

 

Commentaires sur mon exemplaire :

Très bel exemplaire de cette monnaie avec quelques traces de vert de gris au revers.

Vierer (2 Kreuzer, 4 deniers) -Type au flanc ovale et au lys

Vierer au flanc ovale et au lys

0,8 gr - 21 mm

 

 

Avers / Début de légende à 12 heures, cercle perlé finement.

(Fleuron)MON.NOV.ARGENTINENSIS

 Ecu échancré aux armes de Strasbourg, à la bande décorée de traits dans le champ, surmonté de .2.K.

 

Revers / Début de légende à 12 heures, cercle perlé finement.

Lys annelé d'une bande rectangulaire

(Fleur)GLORIA.IN.EXCELSIS.DEO

 

 

Commentaires sur mon exemplaire :

Très bel exemplaire de cette monnaie

Vierer (Type à la croix et au lys)

Vierer (Type à la croix et au lys)

1,2 gr - 20 mm

 

 

Avers / Début de légende à 12 heures, cercle strié.

(étoile)GLORIA(fleur)IN(fleur)EXCELSIS(fleur)DEO

Lys dans le champ

 

Revers / Début de légende à 12 heures, cercle strié.

(étoile)AR GEN TORA TVM

Croix

 

Commentaires sur mon exemplaire :

Belle monnaie bien conservée. Il en existe beaucoup de variétés car ces monnaies ont été frappé du XVIème au XVIIème siècle.

 

Les Semissis de la ville de Strasbourg

KM#212 - Semissis ou 1/2 Groschen de la ville de Strasbourg - 1620 / 1696

1,97 gr - 23 mm

 

 

Avers / Début de légende à 12 heures, cercle perlé.

(Fleurs)SEMISSIS*ARGENTINENSIS

 

Lys dans un polylobe fleuronné

 

Revers / Début de légende à 12 heures, cercle perlé.

Lys dans le champ

(Fleuron)GLORIA.IN.EXCELSIS.DEO:

 

 

Commentaires sur mon exemplaire :

Très bel exemplaire de cette monnaie admirablement conservée