Le Comté du Maine

Voici mes monnaies de Comté du Maine :

 

- Denier d'Herbert Ier

Au Néolithique, plusieurs mégalithes sont édifiés, comme le menhir de Saint-Thomas-de-Courceriers, le dolmen des Erves à Sainte-Suzanne (4 500 ans av. J.-C.), le dolmen de la Pierre couverte de Vaas, celui de Lhomme, etc. Pendant la Protohistoire, la région est envahie par les Celtes et le Bas-Maine est occupé par les Aulerques Diablintes tandis que le Haut-Maine devient le territoire des Cénomans. Les Diablites ont laissé plusieurs traces d'occupation, dont l'oppidum de Moulay, l'un des plus grands oppida de Gaule, qui était probablement leur capitale. La capitale des Aulerques Cénomans était Vindunum, l'ancêtre du Mans.

Les Romains envahissent l'Ouest de la Gaule en 57 av. J.-C. Auguste place le Maine dans la Gaule lyonnaise et l'oppidum de Moulaydes Diablintes est délaissé au profit d'une ville nouvelle, Noviodunum (actuelle Jublains). Les Gaulois avaient occupé le site depuis environ 450 av. J.-C. et y avaient fondé un sanctuaire en bois. Il est remplacé par un temple vers 66 ap. J.-C. Une vingtaine d'années plus tard, les Romains construisent un théâtre et Noviodunum devient une ville romaine à part entière. De son côté, Vindunum est conservée et réorganisée. À la fin du iiie siècle, alors que les invasions barbares commencent, l'entrepôt fortifié de Jubains est probablement transformé en forteresse, tandis que Vindunum est fortifiée.

Pendant les invasions barbares, l'autorité romaine s'affaiblit et des révoltes éclatent régulièrement contre la pression fiscale. Noviodunum périclite et perd son statut de chef-lieu des Diablintes au ve siècle. Son territoire est rattaché à celui des Cénomans, dont la capitale était Le Mans. Cette annexion est le premier acte fondateur du Maine. Noviodunum demeure toutefois occupée jusqu'à l'époque carolingienne, puis disparait totalement après 900, lors de la naissance de la ville de Mayenne.

Les Francs s'installent durablement dans la région au ve siècle où ils cohabitent avec les Gallo-romains avant d'être assimilés. Au même moment, l'Armorique connaît une importante immigration de Bretons, venus de Grande-Bretagne. Ceux-ci établissent des petits royaumes ennemis des Francs. Les guerres entre Francs et Bretons sont d'ailleurs fréquentes entre le vie siècle et le ixe siècle, et le Maine est soumis à plusieurs attaques bretonnes. Pour sécuriser leur frontière, les Francs mettent en place la Marche de Bretagne, une zone tampon comprenant plusieurs forteresses et qui s'étale du Poitou à la Normandie.

Le gendre de Charlemagne, Rorgon (ou Roricon) Ier, est attesté comte du Maine en 833 et 839. Dans la seconde moitié du ixe siècle, le comté prend une importance stratégique en raison des incursions normandes et bretonnes. Le fils de Rorgon, Gauzfrid, comte du Maine, combat le roi des Bretons Salomon et participe à la bataille de Brissarthe (866) contre les Normands, aux côtés de Robert le Fort.

Parallèlement, au VIIIe et ixe siècles, il existe un duché du Mans (ducatus Cenomannicus) qui sert d'apanage pour plusieurs princes carolingiens. Apparemment, ce duché est une sorte de marche, regroupant peut-être plusieurs comtés dont celui du Maine. Il s'étend en Basse-Normandie, jusqu'à la Seine. En 748, le maire du palais Pépin le Bref donne ce duché à son demi-frère Griffon. En 790, Charlemagne fait de même en faveur de son fils Charles le Jeune. Le futur Charles le Chauve et le jeune Louis le Bègue sont aussi duc du Mans grâce à leur père. Au plus fort des invasions scandinaves, un certain Ragenold, mort en 885, est connu avec ce titre (Ragnoldus dux Cinnomanicus). Vers 895, le comté du Maine est arraché aux Rorgonides par Roger, gendre de Charles le Chauve et alliés des Robertiens.

 

Le roi Raoul Ier aurait donné le comté en 924 au duc de Normandie Rollon.

À côté de la famille comtale, plusieurs dynasties locales apparaissent vers l'An Mil. En effet, les comtes offrent des terres et des points stratégiques à de nouveaux seigneurs. De nombreux châteaux forts sont construits, notamment ceux de Laval, Sillé-le-Guillaume, Lassay, Château-Gontier et Sainte-Suzanne. Au même moment, des abbayes sont fondées par des religieux locaux, mais parfois aussi venus d'Aquitaine et d'Auvergne. Les plus grandes abbayes de l'époque sont celles de la la Roë, celle d'Étival, celle d'Évron et celle de Solesmes. Les moines défrichent de vastes étendues forestières et permettent un essor agricole. Au xiie siècle, d'autres abbayes sont fondées par des membres de la famille comtale, comme celle de l'Épau.

Au xie siècle, le comté du Maine est un enjeu entre les deux puissances montantes de l'époque : le comté d'Anjou et le duché de Normandie. Hugues III doit reconnaître la suzeraineté du comte Foulque III d'Anjou mais sans enfant, Herbert II est forcé de désigner dans son testament Guillaume le Conquérant comme son successeur. En 1063, ce dernier s'empare effectivement du Maine malgré l'opposition de plusieurs seigneurs (Hubert de Sainte-Suzanne, Geoffroy II de Mayenne). Son fils Robert Courteheuse est marié avec Marguerite du Maine († 1063), sœur d'Herbert II du Maine et devient, nominalement, comte du Maine après la mort de sa femme. Mais c'est Guillaume le Conquérant qui contrôle le territoire. Une dynastie vicomtale existait à la même époque au Mans.

Les Normands tiennent difficilement le Maine. Ils se heurtent à l'opposition des barons locaux comme Geoffroy II de Mayenne et à l'influence du comte d'Anjou Foulque le Réchin. En 1070, les Normands sont chassés par une révolte qui porta au pouvoir Azzo d'Este, le mari de Gersende du Maine, fille de Herbert Ier du Maine. Ils reviennent temporairement dans la capitale en 1073, en 1088, en 1098 et 1099. Élie de Beaugency, le neveu de Gersende du Maine, finit par s'imposer comme comte. Sa fille épouse le comte Foulque V d'Anjou qui récupère le Maine en 1110 à la mort d'Élie. Henri Beauclerc accepte de le reconnaître comte du Maine en contrepartie de la reconnaissance de la suzeraineté de la Normandie sur le Maine. Foulque V transmet le comté à son fils Geoffroy Plantagenêt. À la mort de Geoffroy, en 1151, son fils Henri déjà duc de Normandie depuis 1150, réunit enfin les trois régions.

Du xiie siècle au xiiie siècle, l'économie du Maine se développe et des villes comme Le Mans et Laval croissent de façon rapide.

En 1204, le roi Philippe Auguste s'attaque à l'empire Plantagenêt dirigé par Jean sans Terre. Le duché de Normandie est pris tandis que le sénéchal Guillaume des Roches s'empare pour le compte du roi de France de l'Anjou, de la Touraine et du Maine. Le Maine est définitivement rattaché à la France en 1328, lorsque Philippe de Valois, comte du Maine et d'Anjou, devient roi de France. En 1331, il est érigé en comté-pairie.

Après la bataille de Verneuil en 1424, les Anglais occupent le Maine, et Jean de Lancastre en prend le titre comtal. Les Anglais n'abandonnent le Mans qu'en 1448 et Fresnay en 1449.

Le comté de Laval a été créé en 1429, indépendamment du comté du Maine, par le roi Charles VII, avec une dépendance directe au royaume de France. En 1481, Charles V d'Anjou, comte du Maine et de Provence, lègue à sa mort ses états au roi de France Louis XI. Après la Bourgogne, ce dernier rattache ainsi un nouvel apanage à la Couronne de France. En 1508, l'écriture de la coutume du Maine est achevée. Le président du Parlement de Paris vient en personne au Mans lire le texte devant les trois états.

La guerre de Cent Ans laisse le Maine dans une situation économique difficile. Des villages sont en ruines et la population augmente rapidement alors que les terres à défricher se font de plus en plus rares. Les Guerres de religion, qui ont lieu pendant la seconde moitié du xvie siècle, opposent des seigneurs locaux, comme le duc Charles de Mayenne, chef militaire de la Ligue, et Guy XIX de Laval, qui était Huguenot. Ces guerres freinent l'économie, et les activités ne reprennent totalement qu'en 1589, après la prise par Henri IV de la ville du Mans, tenue par les Protestants.

De la fin du xvie siècle jusqu'au xixe siècle, le Maine développe une économie basée sur la production textile. Le chanvre est cultivé et tissé dans le Haut-Maine, tandis que le Bas-Maine produit des toiles de lin. L'activité textile fait travailler un grand nombre de personnes, des paysans, aux tisserands et aux négociants. Les toiles de lin de Laval et le chanvre du Haut-Maine sont exportés jusqu'en Amérique. À la même époque, le Maine s'industrialise et un grand nombre de fours à chaux apparaissent, notamment autour de Laval, où les carrières de chaux sont nombreuses. Le Mans se spécialise dans la fabrication de bougies, Sablé-sur-Sarthe dans l'extraction du marbre, et localement, des petites villes et des villages développent le tannage, la boissellerie, la verrerie et la métallurgie. Ces deux dernières activités sont de grandes consommatrices de bois et contribuent à la disparition des forêts. Dans le Bas-Maine, celles-ci ont obtenu leur taille actuelle dès le xviie siècle. Au xviiie siècle, la métallurgie prend de l'ampleur et les froges mainiotes produisent des poêles, des clous, du fer plié ou de la fonte moulée. Les plus grandes emploient des centaines d'ouvriers.

 

Le comté du Maine, attribué en apanage depuis 1328 à divers membres de la famille royale de France, devient un duché en 1670. Il est alors offert à Louis-Auguste de Bourbon, fils légitimé de Louis XIV et Madame de Montespan. Le rendez-vous de chasse du duc du Maine près du Montparnasse a d'ailleurs donné son nom à l'avenue du Maine, à Paris.

Les Deniers du Comté du Maine

PA#1546

Denier anonyme pour Herbert Ier Eveille-Chien (1015-1036)

1,1 gr - 20 mm

 Type immobilisé

 

Avers / Début de légende à 12 heures, cercle bouleté.

+COMES CENOMANNIS

Monogramme d'Herbert dégénéré

 

Revers / Début de légende à 12 heures, cercle lisse.

+SIGNVM DEI VIVI

Croix cantonnée aux 1 et 2 d'un besant, au 3 d'un alpha et au 4 d'un omega

 

Commentaires sur mon exemplaire :

Certainement l'un de mes plus beaux deniers. Frappe bien centrée et bien venue, reliefs superbes, belle patine. J'en suis dingue.