La Lorraine

Lors de la conquête romaine de la Gaule, la Lorraine est incluse dans la Gaule Belgique. Lors de la paix gallo-romaine les principales cités sont : Metz (Divodurum Mediomatricorum),Verdun (Verodunum),Toul (Tullum). Après le déferlement des Huns d'Attila, les Francs conquièrent la Gaule belgique. Ils créent en particulier un royaume dont la capitale est Metz (1er roi : Thierry, fils de Clovis) et qui deviendra peu après l'Austrasie. La Lorraine telle que nous la connaissons aujourd'hui est un vestige du royaume créé pour le Carolingien Lothaire II, la Lotharingie, alors que ses frères recevaient lesroyaumes d'Italie et de Provence. En880, la Lotharingie sera intégrée à la Francie orientale, qui deviendra le Saint-empire romain germanique.

Initialement, le Duché de Haute-Lotharingie s'étend autour du bassin de laMoselle dont la métropole est la riche cité épiscopale de Metz. Les villes épiscopales que sont Metz, Toul et Verdun, héritières des privilèges carolingiens, s’octroient immédiatement une indépendance de fait. Ainsi l'autorité ducale se retrouve à la tête de vastes possessions, sans véritable ville importante. Rapidement les Ducs établissent un château au centre de leurs possessions, autour duquel un bourg, puis enfin une cité, Nancy deviendra la capitale politique et administrative de leur duché. Tout en étant très liés, les sorts des Trois-évêchés, et des Duchés de Lorraine et de Bar seront désormais très différents.

État membre du Saint-Empire romain germanique, la Lorraine est au contact direct du Royaume de France (la frontière linguistique partage le Duché de Lorraine entre le domaine roman et le domaine germanique), elle bénéficie ainsi d'une double influence culturelle.

Au fil des siècles, le royaume de France n'aura de cesse de prendre le contrôle des territoires lorrains. Déjà en 1301 le Comte de Bar voisin a été contraint de prêter hommage au souverain français pour la rive gauche de la Meuse. Le comté de Bar comme celui de Luxembourg sera élevé au rang de duché en 1354 par l'empereur Charles IV du Saint-Empire, lequel promulguera deux ans plus tard à Metz la Bulle d'or qui réglementera jusqu'en 1806 les modalités de l'élection de ses successeurs à l'empire.

En 1420,Charles II de Lorraine consacre la paix en mariant sa fille et héritière Isabelle Ire de Lorraine à l'héritier duDuché de Bar, son voisin et ennemi, un prince françaisRené Ier d'Anjou. Le traité de Foug stipule que les deux duchés seront désormais gouvernés par le même souverain mais conserveront leurs droits, coutumes et indépendance respectives. Quelques années plus tard, il reçoit à Nancy une jeune fille qui souhaite "bouter les Anglais hors de France", Jeanne d'Arc, qui lui conseille de renvoyer sa maîtresse et de reprendre son épouse légitime.

René II de Lorraine restera dans l'histoire comme celui qui a préservé l'indépendance des duchés. Enclavée dans les territoires du duc de Bourgogne, la Lorraine était le maillon manquant de la continuité territoriale entre Bourgogne et Flandres. Envahie en 1475, elle fut vaillamment défendue par son jeune duc.Charles le téméraire trouva la mort et la défaite lors de la Bataille de Nancy le 5 janvier 1477. C'est la fin de l'État bourguignon, qui profite surtout au roi de France,Louis XI, et l'un des événements qui clos le Moyen Âge.

 

Au xvie siècle, à la rivalité France-Bourgogne succède la rivalité France-Autriche. Le duc Antoine de Lorraine cherche à conserver la neutralité de ses duchés et de bonnes relations avec ses voisins. Son frère François de Guise combat pour la France tandis que son filsFrançois, filleul de François Ier de France, épouse une nièce de Charles Quint. Peu avant sa mort, par le traité de Nuremberg, la Lorraine est déclarée "État libre et non incorporable" par l'empereur. Son successeurFrançois Ier meurt après 363 jours de règne. Il laisse un fils de 2 ans Charles III de Lorraine et la régence partagée entre son épouse Christine de Danemark favorable à l'empereur et son frèreNicolas de Lorraine, francophile.

En 1552, après avoir passé un accord avec les protestants allemands, le roiHenri II de France, au cours de son «voyage d'Allemagne», annexe successivement les trois villes épiscopales de la région Metz, Toul, Verdun qui seront unies sous le vocable "Trois-Evêchés". À cette occasion, il séjourne à Nancy. Il donne la régence au seul prince Nicolas et soustrait l'éducation du jeune duc à sa mère en l'emmenant à Paris. Le jeune duc ne reviendra en Lorraine que 7 ans plus tard nanti d'une épouse française, Claude de France, fille cadette du roi. Les Trois-Evêchés ne seront officiellement réunis à la France qu'en 1648 par les traités de Westphalie qui mettent fin à la Guerre de Trente ans, qui fut très durement vécue par les Lorrains.

En effet, en Lorraine, le xviie siècle commence par un conflit de succession. Le duc Henri II de Lorraine meurt en 1624 en ne laissant que deux filles. D'abord promise à Louis XIII de France, l'aînée Nicole de Lorraine, a été mariée à son cousin Charles de Lorraine-Vaudémont. Le testament du duc stipule que les époux règneront conjointement, Charles tenant son pouvoir de Nicole. Charles réussit à évincer Nicole du pouvoir mais sa politique fantasque et son opposition ouverte à la France causeront le malheur de ses États et de ses sujets.

Le duché de Lorraine est occupé par la France sousLouis XIII et Louis XIV de France mais retrouve son indépendance (surveillée) en 1697 avec le ducLéoplod Ier, qui entreprend de restaurer ses États. Pour bien montrer sa détermination, il fait construire le château-résidence de Lunéville que Stanislas Leszczynski s'appropriera quelques années plus tard. Estimé de tous, le duc meurt en 1729 laissant le trône à son fils François III qui, élevé à Vienne, est le fiancé potentiel de l'héritière de l'empereur. La France ne saurait accepter que l'influence de l'Autriche, qui possède alors l'actuelle Belgique et le Luxembourg, s'étende jusqu'à Bar-le-Duc.

Les Liards de Lorraine

Léopold Ier de Lorraine (1697-1729)

Lorraine - KM#81 - Liard de Lorraine

3,1gr - 21 mm

 

Buste à droite, cheveux tombant dans le cou.

 

Avers / Début de légende à 8 heures.

LEOP.I.D.G.D.LOT.BA.REX.I

 

Revers / Début de légende à 11 heures.

(croix)

LIARD

DE

LORRAINE

17(aigle)06

 

 

Commentaires sur mon exemplaire :

Joli liard de Lorraine de Léopold Ier (1697-1729). Petits restes de vert de gris et belle patine. Usure régulière

Demi-Gros d'Henri Ier de lorraine (1608-1618)

Demi-Gros d'Henri Ier de Lorraine (1608-1618)

0,9 gr - 19 mm

 

 

Avers / Début de légende à 13 heures.

MONETA NOVA NANCEII

Alérion couronné .

 

Revers / Début de légende à 13 heures.

HENRI. D: G. DVX. LOTH.

Écu ovale parti de Lorraine et de Bar timbré d’une couronne inscrit dans un cartouche .

 

 

Commentaires sur mon exemplaire :

Bel exemplaire

Les Demi-Gros de Lorraine

Demi-Gros de Charles IV et Nicole (1624-1625)

0,8gr - 17 mm

 

 

Avers / Début de légende à 13 heures.

MONETA NOVA NANC

 Ecu de Lorraine couronné

 

Revers / Début de légende à 12 heures.

CARET.ET.NIC.D.C.DVC.LOIR

Aigle central ailes déployées

 

 

Commentaires sur mon exemplaire :

Superbe exemplaire de ce joli Demi-Gros de Lorraine. Les grénétis extérieurs sont pour la plupart visibles et les reliefs sont encore superbes.

Les Gros de Lorraine

Gros - Henri Ier de Lorraine (1608-1618)

1,2gr - 20 mm

 

 

Avers / Début de légende à 2 heures.

HENRI.D:G.LOTH.B.DVX

 Ecus accolés de Lorraine et de Bar sous une couronne ducale coupant la légende en haut, au dessous, un G.

 

Revers / Début de légende à 1 heure.

MONETA.NOVA.NANCEI.CV.

Alérion aux ailes déployées, sommé d'une couronne ducale coupant la légende en haut.

 

 

Commentaires sur mon exemplaire :

Superbe exemplaire de ce joli Gros de Lorraine. Les grénétis extérieurs sont pour la plupart visibles et les reliefs sont encore superbes à l'avers. Le revers malheureusement est beaucoup plus abîmé.

Les Sols Carolus de Lorraine

Sol Carolus - Charles III (1545-1608)

0,7gr - 18 mm

 

 

Avers / Début de légende à 12 heures.

MONETA FACTA. NAN.

 Epée posée en pal coupant la légende à 6 heures

 

Revers / Début de légende à 12 heures.

CARO.D.G.LOTAR.B.DVX.

Ecu couronné mi-parti de lorraine et de Bar

 

Exemplaire contremarqué par un aigle à l'avers ce qui passe sa valeur à 10 deniers.

 

Commentaires sur mon exemplaire :

Superbe exemplaire de ce joli Sol Carolus. Reliefs encore très présents et une belle qualité de frappe.

Charles III de Lorraine (1543-1608)

Biographie sommaire :

Charles III, duc de Lorraine et de Bar, né à Nancy le 18 février 1543 et mort dans la même ville le 14 mai 1608 est le fils de François Ier, filleul du roi de France homonyme, et de Christine de Danemark, nièce de l'Epereur. Sa mère Christine et son oncle l'Evêque de Metz furent déclarés conjointement régents.

En tant que descendant de Gérard d'Alsace, il aurait dû être "numéroté" Charles II de Lorraine, mais les historiographes lorrains, voulant établir la légitimité des ducs de Lorraine et de leurs cousins les Guises et les rattacher directement aux carolingiens, inclurent dans la liste des ducs le carolingien Charles († 991), duc de Basse-Lotharingie.

Mariage et descendance :

Il avait épousé à Paris le 22 janvier 1559 Claude de France, fille de Henri II et de Catherine de Médicis (1547 † 1575), dont il avait eu neuf enfants :

  • Henri II (1563 † 1624), duc de Lorraine et de Bar,
  • Christine(1565 † 1637), mariée en 1589 à Ferdinand Ier de Médicis, Grand-duc de Toscane(1549 † 1609)
  • Charles (1567 † 1607), cardinal de Lorraine, évêque de Metz (1578-1607), puis de Strasbourg (1604-07)
  • Antoinette (1568 † 1610), mariée en 1599 à Jean-Guillaume (1562 † 1609), duc de Juliers et de Berg
  • Anne (1569 † 1576)
  • François (1572 † 1632), comte de Vaudémont, puis duc de Lorraine et de Bar,
  • Catherine (1573 † 1648), abbesse de Remiremont
  • Élisabeth (1574 † 1636), mariée en 1599 à Maximilien Ier (1573 † 1651), électeur de Bavière
  • Claude (1574 † 1576)