La seigneurie de Gien

Voici la seule monnaie que je possède pour cette seigneurie :

- Denier de Geoffroy II de Donzy

Gien-le-Vieux devient une paroisse au haut Moyen Âge, lorsque Saint Pérégrin, évêque d'Auxerre y fonde l'église Saint Pierre et Saint Paul.

En 760, Pépin le Bref, sa femme Bertrade de Laon, et son armée font halte à Gien-le-Vieux avant d'aller combattre les Aquitains et les Gascons.

Au viiie siècle, Charlemagne autorise la construction d'une motte fortifiée à l'emplacement du château actuel.

Aux ixe et xe siècles, Gien-le-Vieux est victime de troubles dus à la déliquescence de l'empire carolingien et aux raids vikings qui pillent les villages riverains de la Loire. La population déserte progressivement Gien-le-Vieux, indéfendable, pour l'éperon de Gien et sa motte fortifiée. Une nouvelle agglomération se développe ainsi à l'emplacement de la ville actuelle.

Cependant, Gien-le-Vieux conservera sa paroisse Saint-Pierre et Saint-Paul jusqu'au xviie siècle.

La seigneurie de Gien-le-Vieux relèvera de l'Abbaye de Fleury, tandis que le château puis la ville fortifiée de Gien auront des seigneurs laïcs : Étienne de Vermandois, premier seigneur de Gien autour de l'an mil, les comtes de Nevers par mariage, et les puissants barons de Donzy, comtes de Gien par usurpation en 1156. En 1199, Philippe Auguste se fait céder Gien et son comté, par Pierre de Courtenay, comte de Nevers, et le rattache au domaine royal.

L'église paroissiale de Gien-le-Vieux étant trop éloignée de la ville, une nouvelle église est construite. La paroisse Saint-Laurent est ainsi créée à Gien. Vers 1403, par souci de commodité, on demanda la réunion des chapitres de Saint Laurent et de Gien-le-Vieux. L'abbé de Fleury s'y opposa malgré la faible population de sa paroisse.

Saint Genou était traditionnellement honoré à Gien.

En 1307, Philippe le Bel, donne Gien en apanage à son frère Louis, comte d'Évreux. En 1385, ses héritiers cèdent leurs droits au duc Jean de Berry, qui les revends en 1388 à Philippe le Hardi, duc de Bourgogne. Jean sans Peur, son fils en hérite en 1404, et célèbre au château les noces de sa fille Catherine en 1410.

En 1419, Jean Sans Peur est assassiné par le parti Armagnac à Montereau-Fault-Yonne. Gien retourne au domaine royal, mais est bientôt donné en apanage au Connétable de Richemont, pour ses services en tant que Connétable de France.

En 1427, son compagnon Dunois, délivre la ville des mains bourguignonnes. Après la délivrance d’Orléans en 1429, Jeanne d’Arc convainquit à Gien le dauphin Charles de se rendre à Reims pour se faire sacrer roi. En 1430, le Connétable de Richemont, tombé en disgrâce, se voit dépouillé de son comté de Gien par Charles VII, au profit de Dunois.

En 1462, le comté de Gien passe à Pierre de Bourbon, seigneur de Beaujeu, dont le fils épouse Anne de France, fille de Louis XI.

En 1481, Anne prend possession de son comté. Elle fait de Gien l'une de ses résidences principales. De 1483 à 1491, elle est régente du Royaume, son frère, le futur Charles VIII étant mineur. Sous son autorité, la ville s'embellit : le château est reconstruit dans le style renaissance entre 1494 et 1500, le pont est en partie reconstruit, l'enceinte fortifiée est restaurée et agrandie, l'église collégiale Saint-Étienne est reconstruite, le couvent des Minimes est fondé. Gien se pare de beaux hôtels renaissance.

En 1522, Anne de Beaujeu meurt, le comté passe à sa fille unique : Suzanne, épouse du connétable Charles de Bourbon.

En 1523, le Roi François Ier, qui s'apprête à partir en guerre contre l'Empereur Charles Quint, signe dans le château l'acte qui confie la Régence du Royaume à sa mère Louise de Savoie. Cette dernière déteste Charles de Bourbon et lui confisque le comté de Gien après son acte de traîtrise de Pavie, où il combat son propre roi en 1525 et le fait prisonnier. Après la mort de Louise de Savoie, Gien revient en 1561 à Charles de Bourbon, petit-fils du traître de Pavie.

Gien possède une importante communauté protestante et un temple dès 1559. Gien devient rapidement une place forte protestante, comme ses voisines Châtillon-Coligny, Châtillon-sur-Loire et Orléans. Durant cette période, les églises sont pillées et le clergé chassé.

La ligue reprit le contrôle de la ville vers 1587, qui en représailles perdit son siège présidial et son bailliage à l'avantage de Bléneau.

En 1616, Charles de Lorraine, duc de Guise, obtient de Louis XIII le comté de Gien. Il le revendit un peu plus tard au chancelier de Séguier.

La paroisse de Gien-le-Vieux est réunie à celle de Saint-Étienne de Gien. Cette dernière reprend le double patronage Saint-Pierre Saint-Paul.

En 1652, pendant la Fronde, Anne d'Autriche, régente du Royaume, Mazarin et le petit Louis XIV trouvent refuge au château alors que les armées royales du maréchal d'Hocquincourt sont vaincues par Condé à Bléneau. Turenne parvient à stopper l'armée de Condé à Poilly-lez-Gien. Le Roi et son entourage peuvent alors se retirer sur Sens puis Paris.

En 1672, le chancelier Séguier meurt, laissant le château à sa fille Charlotte, qui épousa successivement Maximilien II de Béthune, duc de Sully (fils de Sully), puis Henri de Bourbon, duc de Verneuil. À sa mort en 1704, le comté passa à Henri Charles de Coislin, évêque de Metz.

En 1736, le comté est racheté par Claude Henry Feydeau de Marville, marquis de Dampierre-en-Burly, alors jeune maître des requêtes. Veuf, ayant perdu tous ses enfants et sans héritier direct, il le lègue en 1778 à son lointain neveu Charles-Henri de Feydeau (1754-1802), marquis de Brou, qui le transmet ensuite à son fils cadet. Les Feydeau conservent ainsi le château jusqu'en 1823.

Denier de Goeffroy II de Donzy

Denier de Geoffroy II de Donzy (1060-1160)

0,8 gr - 19 mm

 

Avers / Début de légende à 12 heures, cercle bouleté.

+GIEMIS CA

Monogramme dégénéré de Foulques d'Anjou

 

Revers / Début de légende à 12 heures, cercle bouleté.

+GOSEDVS COS

Croix cantonnée au 3 d'un alpha, au 4 d'un oméga.

 

Commentaires sur mon exemplaire :

Belle monnaie malgré un avers usé.