La ville et l'évêché de Cahors

Voici les monnaies que je possède pour la Cité et l'évêché de Cahors :

 

- Denier anonyme

La ville de Cahors a longtemps été disputée, et assiégée plus souvent qu'à son tour : du Romain Jules César ou du Franc Thibert au roi de Navarre Henri IV en passant par les prétentions anglaises de Richard Coeur de Lion, plus tard du Prince Noir.

Ainsi, la cité, qui s'étendait sur l'ensemble du cingle du Lot, est incendiée en 571 par Thibert, roi d'Austrasie et petit-fils de Clovis. Dès cette époque de nombreux monuments gallo-romains, basiliques, temples, thermes, théâtres sont pillés et détruits. Elle est relevée de ses ruines par l'évêque Saint Didier, dit aussi Saint Géry, qui y fit édifier la première cathédrale en 650 ainsi qu'une muraille dont le tracé correspond à l'actuel boulevard Gambetta. Les pierres des anciens vestiges sont alors réutilisées. Mais la ville est à nouveau pillée par les Sarrasins en 732, puis par les Vikings et les Hongrois. De tout ce qui faisait sa splendeur dans l'Antiquité, il ne reste que des ruines (Arc de Diane). N'empêche, Cahors, forte de son emplacement géographique et de la puissance et de la volonté des évêques qui y règnent, se reconstruit et reprend de l'importance.

Reste qu'au sein même de la cité le conflit s'éternise entre évêques, consuls, puis sénéchaux pour s'arroger le pouvoir.

Le 2 septembre 1272, l'évêque de Cahors, Barthélémy, et les consuls de la ville s'entendent pour nommer des « arbitres et amiables compositeurs » chargés de régler les différends survenus entre eux au sujet des anciennes coutumes et des coutumes nouvelles.

Le 23 juillet 1304, dans une déclaration faite publiquement dans l'église cathédrale de Cahors, Raymond, évêque de la ville, reconnaît qu'il tient les consuls et habitants de cette ville pour bons et vrais catholiques, aumôniers (généreux dans leurs aumônes), prieurs et dévots.

Au xive siècle, Cahors bénéficie des largesses du pape Jean XXII, né Jacques Duèze (ou d'Euze ?) en 1244, à Cahors, élu pape en 1316. La famille Duèze est bien établie dans la ville et liée aux notables.

Mort à Avignon en 1334, Jean XXII s'était beaucoup soucié de sa ville natale, de sa famille et de ses concitoyens. Son frère Pierre Duèze construisit une demeure familiale, le palais Duèze, dont il reste encore quelques éléments et une tour, encore nommée « du pape Jean XXII ». Jean XXII fonde en 1331 l'université de Cahors, qui fut l'une des premières créées en France. Cetteuniversité était composée des quatre facultés de téhologie, droit, médecine, arts ou belles-lettres. Elle attira de grands professeurs de droit notamment Roaldes et Cujas et rivalisa autour de 1450 avec les universités les plus célèbres de France. Ses étudiants jouissaient des mêmes privilèges que ceux des universités de Paris et de Toulouse. En 1751, lorsqu'elle est fusionnée avec celle de Toulouse sur décision du chancelier du Roy, La Moignon, elle comptait 1 600 étudiants.

À l'époque médiévale, Cahors est une place financière de première importance dans l'Europe d'alors, où affluent les banquiers lombards.

Pendant la guerre de Cent ans, la ville passe pour un temps sous domination anglaise. Le 8 juillet 1362, elle doit se rendre au lieutenant du roi d'Angleterre, Chandos, en présence du maréchal français Boucicaut. Le 5 février 1369, les consuls de Cahors jurent de porter secours au Roy de France Charles V déclarant que, « même sous la domination anglaise, ils n'avaient jamais cessé d'avoir le cœur français ».

Par ailleurs, la ville ainsi que l'université conservaient ses privilèges, par les lettres patentes de Louis XI en 1472, à la suite de la mort du duc de Guyenne, frère du roi

À la Renaissance, Cahors demeure une ville artisanale et industrielle active. Ses vins, connus depuis les Romains et appréciés dans le monde de l'époque, qui lui assurent des revenus, subissent la concurrence féroce de ceux de Bordeaux, soutenus par les Anglais. En 1562, les catholiques tuent huit protestants, dans un affrontement de rue.

En mai 1580, durant la septième guerre de religion, Henri de Navarre en fait le siège. Le capitaine Jean de Vezins refuse la reddition. Les assaillants font sauter la porte, puis prennent la ville après trois jours et trois nuits de combats de rue, barricade par barricade. Cette prise contribue énormément au prestige du futur Henri IV : il est toujours au cœur des combats, entraîne ses compagnons d’armes, les rallie sans cesse, veille à éviter le pillage, empêche le massacre.

Les Deniers de l'évêché et de la Cité de Cahors

Cahors dépendait du comte de Toulouse. Le monnayage féodal débute en 1090 avec un denier de Géraud II de Gourdon (1068-1112) et le monnayage anonyme pourrait commencer au début du XIe siècle. Il est remplacé à partir de 1208 par des monnaies aux noms des évêques Guillaume de Cardaillac (1208-1234), Raymond de Cornil (1280-1293) et enfin Hugues Géraud (1311-1316). Guillaume de Cardaillac concéda le bénéfice de la Monnaie en 1212 et 1224, mais la commune ne semble pas, d'après A. Dieudonné, avoir eu le droit de monnayer.

PA#3922 - Denier anonyme (1240-1260)

0,9gr - 17 mm

 

 

Avers / Début de légende à 12 heures, cercle strié.

+CIVITAS. (S couché)

 Déformation du monogramme PAX avec deux croisettes et un A surmontés d'une crosse à hampe croisetée (chrisme)

 

Revers / Début de légende à 12 heures, cercle strié.

+CA.TVRCIS.

Croix

 

Commentaires sur mon exemplaire :

Superbe denier. Frappe bien venue et léger trêflage à l'avers.