L'archevêché de Besançon

Pour l'archevêché de Besançon je ne possède qu'une seule monnaie :

 

- Denier anonyme

 

Peu après la chute de Rome, Clovis Ier, roi mérovingien des Francs, entreprend de réunir les peuples gaulois sous son ordre. Les Séquanes sont ainsi rattachées au royaume en même temps que les Burgondes et les Alamans. L'histoire de Besançon au début du Moyen Âge est très mal connue, les documents et indices étant largement insuffisants. En 821, on trouve trace d'un premier texte mentionnant la ville sous l'appellation Chrysopolis (du grec ancien χρυσός / khrusόs (« or ») et πόλις / pόlis (« ville »)). De 843 à 869, le diocèse de Besançon est rattaché à la Francie médiane, puis à la Lotharingie, puis, à la mort de Lothaire II, devient possession de Charles le Chauve en vertu de la signature du traité de Meerssen (870) et est donc intégré au royaume de France jusqu'en 879. Les évêques de Besançon obtiennent le 1er novembre 871 un atelier monétaire et le droit de frapper monnaie.

Besançon, métropole ecclésiastique

C'est en 888 qu'Eudes Ier de France, dans sa féodalisation du royaume, fonde les duchés et comtés de Bourgogne. Ce dernier ayant pour capitale Dole est rattaché au Comté de Varais dans lequel se trouve Besançon. Ce comté aura pour premier comte (dit « comte palatin de Bourgogne ») Otte-Guillaume de Bourgogne (982-1026). Besançon devient également siège archiépiscopal en tant qu'archevêché indépendant. Le titulaire du siège archiépiscopal est traditionnellement le Chancelier du roi de Bourgogne. Le dernier roi de Bourgogne, Rodolphe III, n'ayant pas de descendants mâles, lègue ses biens bourguignons à son neveu Henri II du Saint-Empire.

En 1032, comme tout le Comté de Bourgogne, Besançon est donc rattachée au Saint-Empire Romain Germanique. L'archevêque de Besançon, Hugues de Salins, grâce à l'appui de l'empereur, devient le seigneur de la ville, qui prospère sous son impulsion. Après la mort de celui-ci en 1066, une lutte pour sa succession plonge Besançon dans une longue période de crise. Aussi, pendant tout le Moyen Âge, Besançon restera une ville directement soumise à l'autorité impériale et indépendante du Comté de Bourgogne, dont Dole est la capitale.

Besançon, ville libre impériale

Au cours des xiie et xiiie siècles, les Bisontins luttent contre l'autorité des archevêques et obtiennent finalement leurs libertés communales en 1290. Tout en restant soumise à l'Empereur, Besançon se gouverne par elle-même, grâce à un conseil de vingt-huit notables élus au suffrage universel masculin à plusieurs degrés et à un conseil de quatorze gouverneurs désignés par les notables. Besançon restera ainsi une « ville libre » pendant près de 400 ans.

Les ducs de Bourgogne, devenus maîtres de la Franche-Comté, sont les « protecteurs » de la ville libre impériale que reste toujours Besançon. C'est pour la cité une période de prospérité.

À la suite de la mort de Charles le Téméraire, la ville de Besançon était soutenue par le roi Louis XI. En février puis mars 1481, non seulement il confirma les privilèges de la ville mais aussi ordonna la translation de l'université de Dole à Besançon, en mars. En effet, c'était principalement grâce à Charles de Neufchâtel, archevêque de Besançon ainsi que conseiller de Louis XI.

À l'époque de la Renaissance, la Franche-Comté appartient de nouveau à l'Empire germanique. L'empereur Charles Quint fortifie considérablement Besançon qui devient un des boucliers de son Empire. Un Comtois, Nicolas Perrenot de Granvelle, devient Chancelier de l'Empire en 1519 puis garde des Sceaux en 1532. Toute la région bénéficie des faveurs de Charles Quint et Besançon devient la cinquième ville impériale et s'embellit de monuments, en particulier le palais Granvelle et l'hôtel de ville dont la façade est ornée d'une statue de Charles Quint. La ville compte alors de 8 000 à 9 000 habitants en 1518, population qui serait passée entre 11 000 et 12 000 habitants en 1608. L'économie de la ville est profondément rurale, notamment par la présence des vignerons à Battant qui représentaient la moitié voire les trois quarts de la population et faisaient donc de la viticulture l'activité principale de la ville.

Le « siècle souffrant » et la conquête française

Alors que la ville avait vécu une époque de progrès au xvie siècle, le xviie siècle est marqué par les guerres et une grande misère.

En 1631, la ville accueille à deux reprises le duc Gaston d'Orléans, frère du roi et ennemi personnel du cardinal de Rochelieu. La guerre de Dix ans (1635-1644), épisode bourguignon de la guerre de Trente ans, apporte dans la région les fléaux de la peste, de la famine et de la misère. Besançon, qui a échappé plusieurs fois à un siège, souffre néanmoins des mêmes fléaux que son arrière-pays dévasté : la peste fait son apparition en 1636 tandis qu'une période de famine s'étend de 1638 à 1644.

Un traité d'échange entre la ville allemande de Frankenthal (appartenant au roi d'Espagne) et Besançon (relevant de l'Empire) est suggéré à partir de 1651. Les Bisontins, habitants de la cité Impériale, trouvent cette proposition disproportionnée. Ce n'est qu'en 1664 qu'ils accepteront, cent villages devant être adjoints à leur ville pour constituer un nouveau bailliage. Pendant une courte période (1664-1674), Besançon perd alors son statut de ville libre et devient possession de la couronne d'Espagne. La trêve n'est que de courte durée et le 8 février 1668, l'armée de Condé se voit ouvrir les portes de la ville après que les autorités locales eurent capitulé. L'occupation française est plutôt mal vécue et les troupes françaises rebroussent chemin dès le 9 juin. La défense de la cité ayant été mal assurée, on entreprend alors l'amélioration des fortifications : la première pierre de la citadelle est posée au mont Saint-Étienne le 29 septembre 1668 et à l'autre extrémité, d'importants travaux sont entrepris autour de Charmont (sur les hauteurs de Battant).

Le 26 avril 1674, Henri Jules de Bourbon-Condé, duc d'Enghien et fils du Grand-Condé, prend position devant la cité à la tête d'une armée composée de 15 000 à 20 000 hommes. Vauban participe également au siège. Afin d'écourter la prise de la ville, ce dernier décide de faire monter de nuit, quasiment à dos d'homme, sur le mont Chaudanne une « grande artillerie » de 36 bouches à feu. Au terme d'un siège de vingt-sept jours auquel assistent Louis XIV qui réside au château de Marnay pendant le siège, et Louvois, la citadelle tombe finalement entre les mains des assiégeants le 22 mai. Besançon, après plusieurs tentatives vaines, devient enfin la capitale de la FRanche-Comté au détriment de Dole par lettres patentes du 1er octobre 1677 : un grand nombre d'administrations, parmi lesquelles le gouvernement militaire, l'intendance, le parlement ou encore l'université, sont progressivement implantées dans la nouvelle capitale. Le traité de Nimègue, signé le 10 août 1678, rattache définitivement la ville et sa région au royaume de France.

Louis XIV décide de faire de Besançon un des maillons essentiels du système de défense de l'Est de la France et confie à Vauban le soin de réaliser les améliorations nécessaires. La citadelle est ainsi entièrement remaniée entre 1674 et 1688, les autres fortifications sont édifiées de 1689 à 1695 et de nombreuses casernes sortent de terre à partir de 1680. La construction de la citadelle coûta très cher, à tel point que Louis XIV aurait demandé si ses murailles n'étaient pas en or.

Les Deniers de l'archevêché de Besançon

Il est impossible de savoir pour quel souverain a été frappé cette monnaie car Charles II le Chauve accorda le droit de battre monnaie à l'évêque Arduic. L'atelier était établi près de la Porte Noire (Porta Nigra). Frédéric II de Hohenstaufen (1197-1250) confirma ce droit monétaire le 26 avril 1220. Le nom d'estévenant venait de Saint-Étienne. Ce type de monnaie est apparu au XIe siècle et fut frappé jusqu'au XIVe siècle et largement imité (Metz, Arles)

PA#5374 - Denier anonyme (1180-1225)

1,1 gr - 20 mm

 

 

Avers / Début de légende à 7 heures, non cerclé.

PTHOMARTIR

 Dextre bénissante

 

Revers / Début de légende à 12 heures, cercle perlé.

+BISVNTIVM

Croix

 

Commentaires sur mon exemplaire :

Superbe denier. Frappe bien venue et traces de la croix en négatif à l'avers.