Le Comté d'Anjou

Pour ce Comté (qui devint Duché par la suite) je ne possède qu'un denier que vous pouvez voir ci-dessous :

- Denier de Geoffroy III le barbu

- Denier de Foulque IV ou Foulque V 

 

Le nom de la province provient du déterminant Andecavorum qui fait référence au peuple gaulois des Andecavii (Andécaves ou Andégaves), dont la cité était, sous l'Empire romain, Juliomagus.

L'appellation actuelle de la province est issue de l'élément Andecavorum. La ville d'Angers est mentionnée au Moyen Âge sous les formes Andecava civitas au vie siècle et Andecavis en 769, Andegavis entre 861 et 882, Angieus en 1127, Angeus en 1205. On trouve une forme Angiers dès le xiie siècle.

 

L'évolution phonétique Andecavis en Angeus est régulière et s'explique par la lénition des consonnes intervocaliques. Le -s final est celui de l'ablatif-locatif latin. La variante Andecavum explique le nom d'Anjou (in Andecavo en 797). Celui d'angevin est un dérivé semi-savant. Le doublet Angers, Anjou est tout à fait comparable à celui de Poitiers,Poitou.

 

Au xviiie siècle, le territoire angevin atteint est constitué de deux entités séparée par la Loire.

L'Anjou supérieur (Haut-Anjou), situé au nord de la Loire comprend le Craonnais et le Segréen avec Pouancé et Candéjusqu'à Châteauneuf ainsi que la région de Château-Gontier. Il comprend également la partie sud du département de la Sarthe (Maine angevin) avec le pays de Céans (canton de La Flèche), Le Lude et jusqu'à Château-du-Loir, Bourgueil et toute la région ouest de l'Indre-et-Loire jusqu'à Château-la-Vallière y est également comprise et enfin, le Baugeois et les Basses Vallées angevines.

L'Anjou inférieur, situé au sud de la Loire, comprend le Saumurois à l'est du Layon, qui inclut également Loudunais jusqu'àMirebeau ainsi que la ville de Richelieu. Il faut y ajouter Le Bourg (canton de Montreuil-Bellay), Le Vaux (canton de Gennes) ainsi que les Mauges angevines. S'y situaient également quelques communes autour de Bouillé-Loretz et d'Argenton-l'Église, dans les Deux-Sèvres ainsi que la commune de La Boissière-du-Doré, en Loire-Atlantique.

À l'origine, le territoire angevin se trouvait centré sur le pagus d'Angers. Le comté d'Anjou comprenait Saumur à l'est, arrivait jusqu'au confins du Maine avec Le Lude, possédait une partie de la vallée de la Sarthe et de la Mayenne. La domination angevine comprend également une partie des Mauges, tandis qu'à l'ouest, la frontière reste flou avec la Bretagne, et au sud avec l'Aquitaine.

Foulques II d'Anjou, après avoir pris Montreuil-Bellay au comte de Poitiers, va céder Saumur au comte de Blois. Son successeur, Geoffroy Ier, s'empare du Loudunais, du Mirebelais et de Thouars aux dépens de l'Aquitaine en 973. Il étend le domaine angevin sur la rive sud de la Loire jusqu’aux portes de Nantes et à la limite de la Sèvre nantaise, construisant le donjon du Pallet.

Foulques III d'Anjou fait fructifier le domaine de son père, et l'étend à l'est en reprenant définitivement Saumur par les armes en 1026, et en mettant la main sur les Mauges par des manœuvres politiques.

Liste des Comtes et Ducs d'Anjou (815-1824)

Comtes d'Anjou héréditaires :

 

Robertiens :

  • Robert le Fort, comte d'Anjou et de Tours, marquis de Neustrie
  • Eudes, roi des Francs, fils du précédent.

 

Ingelgeriens : 

  • 930-942 : Foulque Ier le Roux († vers 942), fils d'Ingelger (vers 840-886), vicomte d'Angers en 880
  • 942-958 : Foulque II le Bon, fils du précédent († 11 novembre 958)
  • 958-987 : Geoffroy Ier Grisegonelle, fils du précédent (938/940-987)
  • 987-1040 : Foulque III Nerra, fils du précédent († 1040)
  • 1040-1060 : Geoffroy II Martel, fils du précédent (1006-1060)

 

Plantagenêts :

  • 1060-1068 : Geoffroy III le Barbu, petit-fils de Foulque III par Ermengade d'Anjou (1040-1096 ou 1097)
  • 1068-1109 : Foulque IV le Réchin, frère du précédent (1043-1109)
    • Geoffroy IV Martel, fils du précédent (†1106)
  • 1109-1129 : Foulque V le Jeune, aussi roi de Jérusalem, fils cadet de Foulque IV (1092-1144)
  • 1129-1151 : Geoffroy V le Bel ou Plantagenêt, fils du précédent (1113-1151)
  • 1151-1189 : Henri II, roi d'Angleterre, fils du précédent (1133-1189)
    • 1156-1158 : Geoffroy VI, frère du précédent (1134-1158)
    • 1169-1183 : Henri le Jeune (1155-1183), fils de Henri II, roi d'Angleterre
  • 1189-1199 : Richard Ier Cœur de Lion, frère du précédent (1157-1199)
  • 1199-1204 : Jean sans Terre, frère du précédent (1166-1216)
  • 1199-1203 : Arthur de Bretagne, petit-fils d'Henri II

 

Capétiens directs :

  • 1219-1232 : Jean de France, fils de Louis VIII le Lion, roi de France
  • 1246-1285 : Charles Ier (1226-1285), également comte de Provence et roi de Sicile, puis de Naples, fils de Louis VIII le Lion et Blanche de Castille
  • 1285-1290 : Charles II (1254-1309), roi de Naples, fils du précédent. En 1290, il donne l'Anjou en dot à sa fille qui épouse Charles de Valois
  • 1290-1299 : Marguerite (1273-1299), fille du précédent, épouse le suivant

 

Maison de Valois :

  • 1290-1325 : Charles III (1270-1325), fils de Philippe III, roi de France
  • 1325-1328 : Philippe (1293-1350), fils du précédent. Devient roi de France (Philippe VI) en 1328 et rattache l'Anjou au domaine royal.
  • 1332-1350 : Jean II (1319-1364), fils du précédent, devient roi de France à la mort de son père.
  • 1351-1360 : Louis Ier (1339-1384), roi titulaire de Sicile et de Jérusalem, comte de Provence, fils de Jean II, roi de France, et petit-fils de Philippe VI de Valois

 

Ducs d'Anjou (En 1360, l'Anjou est érigée en Duché)

 

Maison de Valois :

  • 1360-1384 : Louis Ier (1339-1384), roi titulaire de Sicile et de Jérusalem, comte de Provence, fils de Jean II, roi de France, et petit-fils de Philippe VI de Valois
  • 1384-1417 : Louis II (1377-1417), fils du précédent, roi titulaire de Sicile et de Jérusalem, comte de Provence
  • 1417-1434 : Louis III (1403-1434), fils du précédent, roi titulaire de Sicile et de Jérusalem, comte de Provence
  • 1434-1480 : René Ier (1409-1480), frère du précédent, roi de Naples, duc de Bar, comte de Provence, roi titulaire de Sicile, de Jérusalem et d'Aragon, duc de Lorraine
  • 1480-1481 : Charles V (1436-1481), fils de Charles IV, comte du Maine, et petit-fils de Louis II, roi titulaire de Sicile et de Jérusalem, comte de Provence

 

Ducs d'Anjou apanagistes (À la mort de Charles V, le duché d'Anjou est officiellement rattaché à la Couronne. Plusieurs princes apanagistes issus des maisons de Valois et de Bourbon en portent le titre mais sans donner naissance à de nouvelles maisons.)

  • Henri de France (1551-1589), quatrième fils d'Henri II, roi de France, et de Catherine de Médicis. Il est, dans un premier temps, titré duc d'Angoulême. En 1560, à l'avènement de son frère Charles IX, il devient duc d'Orléans. Le 8 février 1566, il devient duc d'Anjou..
  • François de France (1555-1584), dernier fils d'Henri II, auparavant duc d'Alençon.
  • Gaston de France (1608-1660), fils d'Henri IV. Devient ensuite duc d'Orléans.
  • Philippe de France (1640-1701), fils de Louis XIII. Devient ensuite duc d'Orléans, souche de l'actuelle maison d'Orléans. Charles-Philippe d'Orléans porte aujourd'hui le titre de courtoisie de « duc d'Anjou » (voir plus bas).
  • Philippe Charles de France (1668-1671), fils de Louis XIV.
  • Louis-François de France (1672-1672), fils de Louis XIV.
  • Philippe de France, petit-fils de Louis XIV, futur roi Philippe V des Espagnes et des Indes, souche de la la branche aînée qui a repris le titre en 1919 (voir plus bas).
  • Louis de France, futur Louis XV.
  • Philippe de France (1730-1733), fils de Louis XV.
  • Louis de France (1775-1824), frère de Louis XVI, futur Louis XVIII.

Denier de Geoffroy III le Barbu

PA#1478

Denier de Geoffroy III le barbu

1,1 gr - 19 mm

 

 

Avers / Début de légende à 12 heures, cercle bouleté.

+VRBS AIDCCVS

Monogramme de Foulques

 

Revers / Début de légende à 12 heures, cercle bouleté.

+GOSFRIDVS COS

Croix à laquelle sont appendus au 3 un alpha, au 4 un oméga.

 

Monnaie frappée entre 1060 et 1068

 

Commentaires sur mon exemplaire :

Tres bel exemplaire avec une double frappe bien visible à l'avers

Les Deniers du Comté d'Anjou

PA#1492

Denier pour Foulques IV (1068-1109) ou Foulques V (1109-1129)

1 gr - 19 mm

 

 

Avers / Début de légende à 12 heures, cercle bouleté.

+FVLCO COM[E]S

 Croix pattée cantonnée au 2 d'un oméga et au 4 d'un alpha

 

Revers / Début de légende à 12 heures, cercle bouleté.

+VRBS AIDCCVS

Monogramme inversé de Foulques Nera

 

Commentaires sur mon exemplaire :

Bel exemplaire avec de superbes restes de reliefs.

Foulques IV d'Anjou (1043-1109)

Foulques IV d'Anjou, dit « le Réchin » ou « le Querelleur », (né en 1043 à Château-Landon - mort le 14 avril 1109 à Angers), fut comte d'Anjou et de Tours de 1068 à 1109. Il était de la famille des Ingelgeriens et fils cadet de Geoffroy II Ferréol, comte du Gâtinais et d'Ermengarde d'Anjou.

Foulques partage avec son frère Geoffroy III « le Barbu » les biens de son oncle Geoffroy II d'Anjou dit Geoffroy Martel. Geoffroy, l'aîné, a la meilleure part : l'Anjou et la Touraine ; tandis que Foulques reçoit la Saintonge et la seigneurie de Vihiers.

En 1061, Guy-Geoffroy-Guillaume VIII, duc d'Aquitaine occupe la Saintonge, mais Geoffroy et Foulques le battent à Chef-Boutonne et Foulques récupère la Saintonge ; cependant pour peu de temps, car Guillaume la reprend l'année suivante et chasse l'armée de Foulques.

Ne voulant se contenter de la seigneurie de Vihiers, il prend le tête de l'opposition baronniale contre son frère, lorsque celui-ci s'empêtre dans une dangereuse lutte contre le clergé. Il s'empare de Saumur le 25 février 1067, puis d'Angers, le 4 avril 1067, capture son frère et l'emprisonne.

Foulques Réchin gagne facilement à sa cause quelques-uns des plus puissants vassaux de Geoffroy « le Barbu », son frère, abandonné déjà par le clergé et excommunié par le légat papal. Sûr de leur concours, il marche sur Angers le Mercredi saint 4 avril 1067 et, grâce à la trahison de Geoffroy de Preuilly, de Renaud II de Château-Gontier, de Giraud de Montreuil et du prévôt d'Angers, nommé Robert, s'empare de la personne de Geoffroy et le jette en prison. La punition des traîtres ne se fait pas attendre. Foulques Réchin ne put ou ne voulut pas préserver ses affidés de la vengeance populaire. Le lendemain jeudi-saint, une émeute terrible soulève la ville : Renaud de Château-Gontier, Geoffroy de Preuilly, Giraud de Montreuil, sont massacrés ; le prévôt, appréhendé à son tour, a bientôt après un sort semblable.

Après une courte réconciliation, le combat reprend, et Foulques capture, dépose et emprisonne son frère à Chinon.

Certains de ses nouveaux vassaux, parmi lesquels Sulpice II d'Amboise, contestent son titre, il aura toujours affaire à une opposition en Anjou, où s'installe l'anarchie féodale. Pour s'assurer du soutien du roi Philippe Ier, il lui cède le Gâtinais. Il doit soumettre un par un ses vassaux turbulents, n'hésitant pas à prendre et incendier des châteaux.

Pour résister au duc de Normandie Guillaume le Conquérant, il conclut plusieurs alliances, mariant sa demi-sœur Hildegarde à Gui-Geoffroy-Guillaume VIII d'Aquitaine et sa fille Ermengarde d'Anjou au duc de Bretagne Alain Fergent. Il soutient aussi les barons du Maine en révolte contre le duc de Normandie.

Il a avec l'archevêque de Tours une querelle qui faillit le faire excommunier; mais ses libéralités lui assurent l'indulgence des commissaires nommés par le pape pour examiner sa conduite. Bertrade de Montfort, sa femme, lui est enlevée par Philippe Ier de France, roi de France. Il doit aussi combattre la révolte de son fils Geoffroy IV Martel, qui, plus tard, en commis du comté, est tué au siège de Candé en 1106. Après une domination politique reconnue de quarante-et-une années, il meurt à Angers en 1109.

Il a pour sœur Hildegarde Hérou, première dame de Montargis.

Foulques V d'Anjou (1092-1143)

Foulques V d'Anjou, dit le Jeune, né en 1092, mort le 10 ou le 13 novembre 1143 à Acre, fut comte d'Anjou et de Tours de 1109 à 1129, comte du Maine de 1110 à 1129, puis roi de Jérusalem de 1131 à 1143. Il était de la famille des Ingelgeriens et fils cadet de Foulques IV le Réchin, comte d'Anjou et de Tours, et de Bertrade de Montfort.

Bien qu’il se démarque de ses ancêtres par sa douceur, son affabilité et sa loyauté, il n’en reste pas moins un seigneur attaché à maintenir la puissance de ses États et passe sa vie à mater et réduire ses vassaux les plus turbulents, notamment ceux d'Amboise, à l’instar de son contemporain, le roi de France Louis VI le Gros. Il prend ainsi les châteaux forts de Doué et de l’Isle-Bouchard (1109), de Brissac (1112), de Montbazon (1118) et de Montreuil-Bellay (1124). Il réprime également les tentatives d’indépendance des bourgeois, freine les mouvements d’émancipation communale et se fait obéir de la féodalité ecclésiastique.

Juste après son avènement, il épouse Erembourg, fille et héritière d'Hélie de Beaugency, comte du Maine. Ce mariage rattache définitivement le Maine à l'Anjou, mais le contraint à mener une politique louvoyante entre Henri Ier Beauclerc, roi d'Angleterre et duc de Normandie, et Louis VI le Gros, roi de France.

Mais son action ne se limite pas à une politique intérieure, et il intervient dans le conflit qui oppose les héritiers de Guillaume le Conquérant. Il s’allie au roi Louis VI le Gros, reçoit en échange la charge de sénéchal et soutient avec son roi la cause de Guillaume Cliton, prétendant au duché de Normandie contre son oncle Henri Ier Beauclerc, roi d’Angleterre. En 1112, l’aide de Louis VI lui permet de conserver le Maine envahi par Henri Beauclerc. En 1113, il se rapproche du roi anglais et fiance sa fille Mathilde à Guillaume Adelin, fils d’Henri Beauclerc. En 1116, il revient à l’alliance capétienne et combat Thibaut IV de Blois, neveu d’Henri et ennemi de Louis VI, puis participe à la campagne de Louis VI en faveur de Guillaume Cliton et contre Henri. La mort au combat du comte Baudouin VII de Flandre (1119), autre soutien de Guillaume Cliton, incite Louis et Foulques à conclure un accord avec Henri Beauclerc, et Guillaume Adelin épouse Mathilde.

Foulques profite de cette paix pour effectuer un pèlerinage à Jérusalem qu’il atteint en mai 1120 et où il se fait apprécier par sa valeur, son courage et sa piété. Quand il rentre en Europe, il apprend que Guillaume Adelin était mort le 25 novembre 1120 dans le naufrage de la Blanche-Nef, et qu’Henri Beauclerc refuse de rendre la dot. Foulques soutient de nouveau les prétentions de Guillaume Cliton, qu’il marie en 1123 à sa seconde fille Sibylle et lui donne le Maine en dot, mais le pape intervient et annule le mariage le 26 août 1124.

Foulques n’en continue pas moins à soutenir Guillaume Cliton, mais la situation change encore en 1127. D’une part, Charles le Bon, comte de Flandre est assassiné le 2 mars 1127, et Guillaume Cliton, petit-fils de Mathilde de Flandre et beau-frère de Louis VI le Gros par son second mariage, revendique le comté de Flandre. D’autre part, Mathilde, l’unique enfant légitime d’Henri Beauclerc, veuve de l’empereur Henri V depuis 1125, est reconnue héritière du royaume d’Angleterre par son père qui propose sa main à Geoffroy, fils aîné de Foulques. L’accord est rapidement conclu et le mariage est célébré au Mans le17 juin 1128, jetant ainsi les bases de l’empire Plantagenêt. Trois mois plus tôt, le 31 mai 1128, Foulques avait pris la croix et, après une dernière visite à Fontevrault où s’était retirée sa fille Mathilde, veuve de Guillaume Adelin, confie tous ses domaines à son fils et part définitivement en Terre sainte, au début de l’année 1129.

 

 

En effet, de l’autre côté de la Méditerranée, le roi Baudouin II de Jérusalem, prend de l’âge, n’a pas de fils pour lui succéder et cherche un héritier à marier à sa fille aînée Mélisende. En 1127, il envoie son connétable Guillaume de Bures et Gautier de Brisebarre, seigneur de Beyrouth demander conseil auprès du roi Louis VI de France, lequel désigne le comte Foulques V d'Anjou. Le choix est heureux, car le comportement, la piété et la vaillance de Foulques lors de son pèlerinage de 1120 avait valu l’admiration de tous. De plus, Baudouin connaissait par ses contacts en Occident les qualités d’administrateur, de chef guerrier et savait également qu’il était veuf depuis 1126. Foulques aborde à Saint-Jean-d'Acre au milieu du printemps et épouse Mélisende de Jérusalem le 2 juin 1129.

La première intervention de Foulques en tant qu'héritier du royaume est d'assister son beau-père qui tente de conquérir Damas. Tughtekin, le précédent atabeg, est mort le 12 février 1128 et son fils Taj el-Moluk Buri lui a succédé sans difficulté, mais les Nizarites s'implantent et contrôlent peu à peu son entourage. De confession chiite et haïssant les sunnites, ils commencent à comploter et à négocier avec les Francs pour leur livrer la ville. Baudouin II se prépare à cette éventualité quand la population de Damas se révolte et massacre les Nizarites en septembre 1129, faisant échouer les plans de Baudouin II, qui tente néanmoins le siège de la ville, mais y renonce le 5 décembre 1129 à cause de pluies diluviennes qui rendent le sol boueux et impraticable.

En février 1130, le prince Bohémond II d'Antioche est tué en Cilicie par les Turcs. Il ne laisse qu'une enfant, Constance, pour lui succéder sous la régence de sa veuve Alix de Jérusalem, fille de Baudouin II. Mais Alix ne veut pas se contenter de la régence, mais veut diriger directement la principauté et, prévoyant l'opposition de son père et des principaux barons, envoie un messager à Zengi, atabeg de Mossoul et d'Alep lui demandant sa protection. Heureusement, le messager est intercepté, et Baudouin et Foulques se rendent à Antioche pour y mettre de l'ordre. Alix est exilée à Laodicée.

Baudouin II meurt à Jérusalem le 21 août 1131 et la succession ne pose aucun problème. Reconnu roi sans difficulté par la Haute Cour du royaume, Foulques et Mélisende sont sacrés roi et reine au Saint Sépulcre le 14 septembre 1131. Le comte Josselin Ier d'Édesse meurt la même année et son fils Josselin II, un piètre guerrier, lui succède, et préfère séjourner à Turbessel plutôt qu'à Édesse, qu'il juge trop exposé. À Lodicée, Alix noue des alliances avec Guillaume, châtelain de Sahyun, Josselin II et Pons de Tripoli pour reprendre le pouvoir à Antioche. Les barons d'Antioche, apprenant le complot, appellent Foulques qui vient avec son armée, mais à qui le comte Pons de Tripoli refuse le passage dans ses États. Afin d'éviter une effusion de sang qui profiterait à Zengi, Foulques embarque à Beyrouth pour Saint-Siméon, arrive à Antioche où il empêche les intrigues d'Alix. Puis il attaque Rugia, d'où le comte Pons espère envahir la principauté d'Antioche, et l'oblige à la reddition et à la soumission. Foulques reste ensuite quelque temps à Antioche pour régler les affaires de la principauté, dont il est régent, puis confie l'administration à Renaud Masoier, connétable d'Antioche.

Espérant profiter des troubles internes, des bandes turcomanes envahissent la principauté d'Antioche, d'où ils sont repoussés, puis le comté de Tripoli où ils battent Pons et l'obligent à se réfugier dans Montferrand. Avertie, son épouse Cécile de France, demi-sœur de Foulques, se précipite à Jérusalem pour demander secours à son frère. Foulques arrive à temps pour obliger les Turcomans à lever le siège de Montferrand, puis bat les troupes d'Alep à Qinnesrin.

Les années qui suivent sont militairement calmes, car Zengi est occupés par les luttes entre les califes abbassides de Bagdad et les sultans seldjoukides, et n'intervient pas en Syrie jusqu'en 1137 et les Francs en profitent pour construire des forts permettant d'assurer la sécurité des routes.

Parmi les principaux barons du royaume figure Hugues II du Puiset, comte de Jaffa, un cousin et un ami d'enfance de la reine, que des esprits malveillants soupçonnent d'entretenir une liaison. Peu à peu se forment deux camps, les partisans du roi et ceux du comte de Jaffa. Gautier de Grenier, seigneur de Césarée, beau-fils du comte de Jaffa hostile à son beau-père, l'accuse de trahison et lui lance un défi. Hugues l'accepte, mais ne se présente pas le jour fixé pour le duel judiciaire et est déclaré coupable. Pris de peur, Hugues de Jaffa se réfugie à Ascalon sous la protection des Égyptiens, mais ses vassaux refusent l'alliance égyptienne et l'abandonnent. Hugues est alors obligé de se soumettre, et est exilé pour une durée de trois ans. Au moment de s'embarquer, il est attaqué par un chevalier breton et grièvement blessé. Voulant couper court aux accusations d'avoir commandité le meurtre et aux risques d'émeutes, Foulques fait juger le coupable par la Haute Cour des barons et ordonne que l'exécution soit publique et qu'on ne lui coupe pas la langue, pour lui permettre de parler jusqu'au bout, et la loyauté du roi dans cette affaire est reconnue par tous. Hugues du Puiset se rétablit, contre toute attente et se rend en Sicile, où il meurt peu après. Mais le courroux de Mélisende de Jérusalem s'exerce longtemps sur les protagonistes, au point que certains craignent pour leur vie, avant qu'il ne finisse par s'apaiser20,21.

Mélisende profite de son ascendant sur son mari, qui cherche à se faire pardonner, pour le faire autoriser le retour de sa sœur Alix à Antioche. Le nouveau patriarche, Raoul de Domfront, en lutte contre son clergé, trouve en elle une alliée et ne s'oppose pas à son retour, mais Foulques contre ce retour et cette complaisance en négociant le mariage de la princesse Constance avec Raymond de Poitiers (1136).

Zengi, ayant réglé les affaires irakiennes, reprend l'offensive contre les Francs qui sont acculés à la défensive, mais l'empêchent de s'emparer de Damas (février 1135) et de Homs (juillet 1137). Il attaque ensuite Montferrand, bat Foulques qui conduit une armée de secours l'oblige à se réfugier dans la forteresse et le pousse à livrer la place forte en échange de la vie sauve et de la liberté, malgré l'arrivée d'une autre armée de secours (août 1137).

C'est à cette époque que Jean II Comnène, empereur byzantin, intervient en Cilicie, puis assiège Antioche. Ayant besoin de toute l'aide militaire contre Zengi, Foulques et Raymond acceptent de reconnaitre la suzeraineté byzantine sur Antioche, concluent une alliance et envisagent une expédition de conquête d'Alep. Mais la mésentente franco byzantine fait échouer le siège de Shaizar en mai 1138 et Jean Comnène repart à Byzance. Pour compenser le départ de cet allié, Foulques conclue un pacte d'assistance avec Mu'in ad-Din Unur, régent de Damas, également menacé par Zengi.

Afin de renforcer la sécurité du royaume vis-à-vis des incursions égyptiennes, Foulques ordonne la construction de forteresse à Ibelin(Yavné), Blanche-Garde (Gath), Bethgibelin (Beth Guvrin) et Moab. Il meurt à Acre le 10 novembre 1143 d'une chute de cheval, laissant deux fils mineurs, les futurs Baudouin III et Amaury Ier.