Triens de Justin II (565-578)

                                                                      Atelier d'Orange ?

Gravure issue de : Benjamin Fillon, "Etudes numismatiques", 1856, planche I, n°9

Or

27 grains soit 1,74 gr - ? mm

 

Avers :

N.D.IVSTINVS.C.

Buste diadémé tourné à droite. 

 

Revers :

VICTORIAVARI.

Victoire de face tenant une croix d'une main et une couronne de l'autre

A l'exergue : CONOC

Références :

- Benjamin Fillon, "Etudes numismatiques", 1856, page 23 (Planche I, n°9)

Extraits d'ouvrages concernant cette monnaie :

"Le noeud du ruban du diadème s'aligne, comme à l'ordinaire sur les monnaies de ce genre, avec les premiers caractères de la légende; ce qui l'a fait prendre à tort pour une lettre ou un monogramme. (...) L'aspect général de cette monnaie se rapproche à un tel point de celui des tiers de sou contemporains de Lyon, que son émission dans une officine des cités voisines du Rhône est évidente. La légende du revers peut, il est vrai, s'interpréter de diverses façons; mais la plus rationnelle est celle-ci : VICTORI.AV.AR. Le trait ressemblant à la lettre I qui vient ensuite, et que l'on rencontre sur beaucoup de monnaies, n'est destiné qu'à séparer la légende de l'exergue. Il est à peu près hors de doute maintenant que le type ostrogoth de la victoire de face passa les Alpes dans la première moitié du VIè siècle, et fut utilisé momentanément dans tout le territoire situé entre ces montagnes, celles de l'Auvergne et les dernières ramifications des Cévennes. Il y prit une tournure propre à le faire distinguer d'avec celui des pièces frappées hors de la Gaule. Ce point de doctrine établi, il ne s'agit plus que de chercher, dans cette circonscription, l'atelier qui donna naissance à notre monnaie. Deux villes, placées à ses deux extrémités se la disputent : Arvena Civitas (Clermont) et Arausicorum Civitas (Orange). Je penche vers la seconde attribution. Le nom de l'empereur inscrit sur l'obvers est, selon moi, celui de Justin II, à moins que l'on ne veuille y reconnaître celui de Justin Ier, immobilisé depuis de longues années. Dans cette seconde hypothèse, le C de la fin de la légende pourrait indiquerle nom de Clotaire Ier; mais ce n'est qu'avec une extrême défiance que je me lance sur un pareil terrain, où j'ai toujours peur d'arriver à l'absurde en croyant toucher du doigt la vérité. On a avancé, dans ces derniers temps, que les noms de Justinien et de Justin II avaient quelquefois été rétablis de nouveau sur les monnaies, à la fin du VIè siècle, après que celui de Maurice fut devenu impopulaire en Gaule; cela est si contraire à tous les principes qui paraissent régir la numismatique mérovingienne, que j'attends des arguments plus péremptoires pour adopter une théorie aussi hasardée. Les empreintes de ces empereurs, ainsi que je l'ai dit autrefois, furent immobilisées et maintenues, comme, plus tard, cela arriva pour celles des rois de la seconde race."

Benjamin Fillon, Etudes numismatiques, 1856, page 24