Les Ceinturonniers

A ce jour nous ne connaissons que deux types différents de méreaux de cette corporation.

Premier type

Gravure issue de : FORGEAIS, Collection de plombs historiés trouvés dans la Seine, Tome I, p.42

"Saint Jean-Baptiste, la tête nimbée, supportant l'Agneau pascal accompagné du Vexillum, dont la hampe est surmontée d'une croix. Le saint est accosté, à droite et à gauche, de deux hautes plantes fleuries.

Revers : La légende suivante entre un double filet :

 

AU • SAINTURIER • DE • PARIS •

 

Dans le champ, un ceinturon accosté de deux boucles (mordant).

Ce méreau, du XVème siècle, a été trouvé au Petit-Pont en 1856.

 

Le ceinturonnier était celui qui fabriquait et vendait des ceinturons pour l'épée, le couteau de chasse, et des ceintures pour maintenir la taille. L'usage où l'on était autrefois de porter des habits longs et de les attacher avec des ceintures, avait donné naissance à une communauté de maîtres courroyers, ainsi appelés du mot

courroie, parce que l'on faisait à cette époque des ceintures avec du cuir. La mode ayant changé, les ceinturonniers se mirent alors à fabriquer des gibecières, baudriers, ceinturons d'étoffe et de cuir, porte-carabine pour l'infanterie.

 

La communauté des marchands ceinturonniers était une des plus anciennes et des plus considérables. Avant la révolution de 93, il n'y avait plus que quarante-trois maîtres de cette communauté. Chaque maître ne pouvait avoir qu'une boutique et un apprenti, dont l'engagement était de quatre ans. Pour obtenir la maîtrise, il fallait avoir fait un chef-d'oeuvre, lequel consistait en une ceinture de velours à deux pendants, la ferrure à crochet, limée et percée à jour, à feuillages encloués et séparés dessus et dessous; les filous avec leur contre-rivet.

 

Le bureau des ceinturonniers était à la place de Grève. Ils avaient pour patron saint Jean-Baptiste, à l'église Saint-Barthélémy. Ce patronage était bien certainement dû à ce que l’Évangile (Luc, 1, 6) dit du Précurseur :

« Il avait autour des reins une ceinture de peau. »"

FORGEAIS, Collection de plombs historiés trouvés dans la Seine, Tome I, p.42 et 43

Un érudit du XIXème siècle, M. Alfred de MARTONNE a, dans la bibliothèque de l'école des chartes, année 1862, volume 23, n°1, page 548 à 551, commenté la sortie de l'ouvrage de M. FORGEAIS et voulu y apporter quelques critiques. En ce qui concerne ce plomb, je vous livre son avis ci-dessous. L'article de M. de MARTONNE est disponible au téléchargement en cliquant sur son nom ci-dessus.

"L'auteur voit dans le saint Jean-Baptiste des Ceinturonniers (p. 42), Jean supportant l'Agneau pascal accompagné du Vexillum, tandis que le dessin nous le montre portant deux drapeaux, l'un orné de l'Agneau et l'autre de la Croix, et que, dans le type suivant (p. 44), il soutient l'Agneau supportant le Vexillum. La forme des lettres n'est pas heureuse."

de MARTONNE, Bibliothèque de l'école des chartes, année 1862, volume 23, n°1, pages 549 et 550

Deuxième type

Gravure issue de : FORGEAIS, Collection de plombs historiés trouvés dans la Seine, Tome I, p.44

"Variété du plomb précédent.

Saint Jean-Baptiste, la tête nimbée, entre les initiales S I. Le Précurseur porte l'Agneau pascal, comme d'ordinaire au moyen âge.

Revers : Deux ceinturons, l'un dans le champ et l'autre servant à contenir cette légende entre double filet :

 

MIL : IIII : XX ET : IIII :

(Sans doute pour mil quatre cent vingt-quatre.)

 

Ce méreau a été trouvé au Pont-au-Çhange en 1858."

FORGEAIS, Collection de plombs historiés trouvés dans la Seine, Tome I, p.44

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